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Victorin Lurel – Un pas devant le peuple jamais deux

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Victorin LUREL dans le club ATV le 21 juin 2006

Jean-Philippe Ludon : Pour les demandes d’habilitation l’exemple qui est pris ici en Martinique est celui des transports et pour lequel apparemment il n’y a pas de réponse, il y a des demandes qui sont faites et c’est motus et bouche cousu

Victorin Lurel : Vous me voyez un peu gêné, je sais qu’une demande a été adressé pour légiférer et mieux organiser le secteur du transport ici, mais entre-temps un texte est tombé. C’était déjà dans un texte porté par BAROIN à savoir qu’on pouvait créer une agence unique de transport pour le terrestre et pour le maritime on parlait pas de l’aérien, ça pouvait être demandé par le département ou par la région et qu’une sorte de syndicat mixte pouvait être créé.

Nous nous l’avons fait en Guadeloupe on a créé par exemple un syndicat mixte entre le conseil général et le conseil régional pour gérer les routes départementales et régionales pour ne pas démanteler ce qu’était l’ex DDE. Ça marche, j’en suis le président pour trois ans, le président du conseil général prendra le relais après et ça marche. Alors pardonner de dire ça je ne sais pas qui a porté cela, c’est probablement le conseil général de la Martinique,(Ludon : les deux me semble t il) les deux alors ça devrait aboutir, mais ça fait un moment il me semble que cela a été demandé donc ça devrait aboutir.

Patrice LOUIS : Est-ce que si on leur dit de prendre contact avec vous ça devrait aller

Victorin Lurel : Je ne désespère pas qu’ils aboutiront

Patrice LOUIS : Alors cette défense et illustration du 73 visiblement est mal connu ici, vous écoutez, je vois bien votre grande prudence et vous vous garder naturellement de donner des conseils aux uns et aux autres. C’est donc nous qui conseillerons aux élus de prendre contact avec vous pour que vous les informiez de ce qui se passe.  Mais le 74 pourquoi ne trouve t il pas grâce à vos yeux ?

Victorin Lurel : Je ne dis pas ça, ça dépendra de l’état de l’opinion et des consciences guadeloupéennes, je ne dis pas que le 74 n’a pas de vertus et des ressources. Moi ce que j’aimerai éviter quand même c’est un 74 désargenté. Nous disons ça comme ça ! Je n’aimerai pas voir se répéter, j’allai presque dire l’expérience de Saint-Martin.

Et même de Saint-Barthélemy où c’est maintenant saint-Barth qui finance un peu l’hexagone. Et Saint-Martin qui n’a pas été accompagné financièrement.

Moi ce que je crains, compte tenu de l’esprit public français ayant changé. Le cartiérisme évoluant et progressant en France, dans l’hexagone en tout cas. Je n’aimerai pas voir les libéraux qui sont au pouvoir je l’ai dit au président de la république qui lorsqu’il y a un problème dans une entreprise, il y a des centre de cout comme disent les manageurs et des centres de déficits, eh bien on fait un plan social, pudiquement appelé plan social, donc on élague, on coupe – Elaguer et Larguer c’est tout proche j’aime pas – Si on demande à nos populations d’évoluer il faut que ce soit en conscience et en connaissance premier principe – Deuxième principe c’est du Césaire un pas devant le peuple jamais deux parce que l’avant-gardisme trop poussé lorsque vous vous retourné le peuple n’est plus là.

Je veux et il faut rester branché sans pour autant faire dans le suivisme, dans le populisme ou dans l’électoralisme, tout ça à bannir, mais en même temps de dire pour être un non faux, est ce que ça correspond à la demande sociale ? Est ce que ça porte un plus ? Est-ce que rester dans le présent et la situation actuelle c’est contaminé l’âme des peuples ? Est-ce que c’est ce qu’ils demandent ? Alors voilà ! Est-ce que les acquis peuvent être touchés ? Ensuite lorsque le peuple ce sera prononcé ça c’est un risque majeur, j’ai eu à le dire à Monsieur BALLADUR, je l’ai écris il y a même un article de vos confrère de septmag, de dire que le peuple se prononce sur la base par exemple du 74 très biens ! Mais après ? Le parlement ne recevant pas d’injonction c’est le terme consacré le parlement est libre, il vous faut LKP 44 jours comme à Pointe-à-Pitre, un gouvernement un peu faible ou animé par des sentiments cartiéristes on vous fait une loi organique qui est proche de l’indépendance ou qui est proche de ce que les gens n’ont pas demandés.

Parce qu’il n’y a pas d’accord politique comme on a pu le faire à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie entre le gouvernement et les formations politiques. J’avais dit non en 2003 parce que le projet était mauvais, que les contre pouvoirs n’étaient pas organisés, parce que le mode de scrutin je ne l’aimais pas ! Ça veut dire que c’est les états major des partis politiques qui décideraient souverainement seules dans le secret de leur bureau ou de leur officine, je n’aimais pas ! Et pourtant le parti socialiste est pour un scrutin à la proportionnelle intégrale je n’ai pas aimé !

Vous êtes populaire dans votre commune avec ce mode de scrutin vous ne pouvez plus être élu du tout ! Il faut aller flatter un grand chef pour être sur une liste, vous pouvez oublier des pans entiers du territoire et nous sommes un archipel. J’avais demandé ces garanties là, j’avais demandé donc un accord politique formalisé entre le gouvernement et les partis politiques ensuite moralement que le parlement au-delà de sa liberté constitutionnelle soit tenu par la plate forme qui aurait fait l’objet d’un consensus populaire et aussi d’un consensus de partis politique ça n’a pas été le cas. Alors dire il ne faut pas laisser de liberté totale à un parlement quelque soit sa légitimité démocratique pour éviter que demain soit des lendemains qui déchantent.

Patrice LOUIS : ça ne m’a pas échappé aux téléspectateurs aux auditeurs que précisément vous prononcez le mot indépendance à propos de l’explication du 74. Une indépendance qui ne serait pas souhaitée mais héritée sans l’avoir voulu avec les risques que ça représente. C’est bien ça ?

Victorin Lurel : Il y a ça, mais pour certains notamment les partis de gauche et d’extrême gauche l’autonomie n’est qu’une étape transitoire sur la voie de l’indépendance c’est leur droit de dire ça d’ailleurs on ne peut même plus le dire c’est comme ci c’était une agression comme ci cette élucidation là, cette petite vérité dite devait choquer nooon !

Ce sont des indépendantistes d’ailleurs ils doivent souffrir ces indépendantistes qui sont obligés d’avaler un peu leur cravate et de dire bon nous sommes pour l’autonomie sans dire tout autant la fin ultime.

Les peuples ça bouge ce sont ces peuples là moi je suis dans un régime de liberté et je vais vous dire je suis un contre actualiste. je ne crois pas du tout au marbre de la constitution inerte qui ne doit pas bouger parce que vous êtes inscrit dans la constitution ça supprime votre volonté. Je ne vais pas entrer dans la philosophie mais il y a trois choses qui rythment le corpus politique et juridique français sur la citoyenneté et la nationalité : C’est le droit du sol les solistes on dit que c’est révolutionnaire c’est républicain très bien, le you sanguiniste le droit du sang vous devez être de père en fils français pour l’être c’est un peu plus allemand ça autant y voir une stigmatisation et puis ce qui est proprement révolutionnaire c’est le yous volontatiste le droit issu de la volonté. Les alsaciens ont été français alors qu’ils ne parlaient même pas français à l’époque, ils parlaient un dérivé de langue germanique sur la base de leur volonté ils ont été acceptés dans le girond français après une très belle controverse entre ronan qui a écrit qu’est ce que la nation ? Même si il renonce à un fief raciste mais qu’est ce que la nation un plébiscite de tous les jours des stèles et des larmes coagulés bon bref ! C’est beau ! mais avec mam senne avec fustel de coulange on a oublié ce type de discussion je dis que les martiniquais et les guadeloupéens sont français parce qu’ils le veulent le jour où ils ne le voudront plus je peux vous dire je suis plus que convaincu quelque soit celui qui sera là où ceux qui seront là on ne va pas envoyer les blindés comme en Algérie ou au Vietnam, on ne va pas faire une guerre de libération nationale ça dépend aujourd’hui de la volonté de nos peuples de vouloir restés français ou de ne plus l’être, ou si ils veulent le resté avec plus de distanciation plus de liberté notamment pour gérer leur affaires très bien, c’est à nous de le décider c’est pas au président de la république qui vient comme un grand chef le magistère dixit « J’ai décidé que vous devez être autonome »

j’ai eu le sentiment que pour des motifs comptable et budgétaire une arithmétique budgétaire comptable eh bien on voulait nous pousser à prendre ce que les peuples ne voulait pas je sui prudent donc. Vous disiez que j’étais réfléchi, je le suis ! je ne suis pas frileux je ne suis pas conservateur mais je suis prudent en disant si nous faisons ça nous devons le faire en conscience et en connaissance de cause.

Patrice LOUIS : Alors essayons de résumer, les élus Martiniquais viennent de se prononcer massivement pour l’article 74, la dernière fois que les martiniquais c’étaient prononcé c’était majoritairement non ! Les Guadeloupéens et le peuple et les élus c’est non ! Quand vous voyez vos interlocuteurs à paris ils ne doivent rien comprendre ?

Victorin Lurel : Depuis 1988 c’était avec le Pensec on a décidé de faire l’évolution à la carte, chacun est libre, la Martinique est libre de choisir sa voie, la Guadeloupe est libre de choisir la sienne, si c’est d’avoir une synergie et de marcher de conserve, très bien ! mais pour le moment chacun est libre. Que Paris ne comprenne pas que la Martinique est un peuple je ne dis pas une population un peuple que la Guadeloupe est également un peuple et demain a vocation à s’assumer si elle le souhaite mais en connaissance de cause et en respectant les principes démocratiques que c’est l’élection qui décide et pas la rue qui s’impose voilà alors que Paris soit étonné très bien ! la France a une très longue histoire et c’est très bien que tout est possible et que on a trouvé le moins mauvais des système à l’exception de tous les autres c’est encore l’élection si le peuple Martiniquais veut changer c’est son droit à condition qu’il ait une information claire lisible et loyal.

Jean-Philippe Ludon : Le temps est important pour cette information claire lisible et loyale ?

Victorin Lurel : oui

Jean-philippe Ludon : Vous estimez à combien de temps ?

Victorin Lurel : Nous on a estimé compte tenu du vote récent 75% de non hors St-Martin et St-Barth. Faut-il poser la question tous les cinq ans ? Ça vous empêche de travailler, ça ne crée pas la stabilité nécessaire pour rassurer notamment les investisseurs ; Alors si je dis ça je me fais allumer ! Les investisseurs, le capital bon Lurel bref très bien. Mais en tous cas il faut ce minimum de stabilité politique et démocratique. Moi j’ai eu à dire à l’assemblée nationale puisque la question est là cette identité forte qui veut s’exprimer par ça aussi même si il est ultra minoritaire pour le moment mais c’est une aspiration qui a long terme prendra de la force et de l’ampleur.

Bon organisons nos institutions pour consulter tous les vingt cinq ans ou tous les trente ans. Pour le moment je dis dix ans après nous consulterons en Guadeloupe c’était 2003, 2013-2014 nous demanderons si les élus de le Guadeloupe le décident eh bien de consulter la population sur une possible évolution, je ne préjuge pas ni d’une collectivité unique donc une rationalisation administrative fusionnant le département et la région ce qui parait simple et puis sous quel régime législatif allons nous travailler, le 73 donc l’identité législative ou le 74 l’autonomie donc la spécialité législative, le peuple en décidera après un débat approfondie. Compte tenu des méfiances et des peurs comme dirait l’autre tapis au fond de nos consciences il est certain qu’il faut prendre le temps de convaincre, d’éclairer c’est évident.

 si on fait cette consultation aujourd’hui je peux vous dire ce sera massivement non ! Surtout après les mouvements qui n’ont pas forcément rassurés, qui rassure en terme matérialiste en terme d’argent de deux cent euros c’est très bien ça ! mais lorsqu’il s’agit de l’avenir des gens et contrairement à ce que l’on pense je vois beaucoup de monde, je ne suis pas à moi seul un institut de sondage mais l’on voit beaucoup de personne c’est pas pour le ventre, l’argent ou zasiet la ké vid cé ké Haiti : NON c’est la liberté et les libertés des gens. Les gens sont sensible à ça mais Lurel ou ka kompren ga se méssié ka dirigé la a, demain matin sé méssié ka vini en bitin là, cé missié encagoulé dé coup yo ka foutéw ! Non manifestement on ne se rend pas compte, vous ne pouvez avoir la confiance des gens qu’en respectant un minimum démocratique ce que j’ai beaucoup de mal à faire admettre.

Jean-Philippe Ludon : S’agissant de l’indépendance des peurs, effectivement les deux sont liés, souvent certains faisaient remarquer que dans la constitution rénové on reste dans le cadre républicain, du reste ceux qui s’appuient sur l’article 74 disent que vous nous balancé l’indépendance comme ça, il y a un cadre on ne sort pas comme ça. D’ailleurs le constitutionnaliste Carcassone est venu en Martinique en parler et disait en substance lorsqu’on parle indépendance c’est des fois inscrit c’est notamment le cas de la Calédonie et encore qu’on voyait la façon dont les choses se passent c’est une perspective mais les Calédoniens ne sont pas très pressés particulièrement d’y arriver.

Victorin Lurel : oui, si on croit ce qu’on l’on voit et ce que l’on lit aujourd’hui, les indépendantiste calédoniens seraient même prêts à différer la consultation référendaire, parce que d’après leur calcul ils perdraient l’élection. je rappelle à celles et ceux qui nous regarde et qui nous écoute que il y a un titre je crois 13 qui régie le statut de la Calédonie avec une possible indépendance et la création d’un état associé d’ici entre 2014 et 2018 je crois, bon ! Et qu’ils sont déjà dans une pleine autonomie, plus que l’autonomie ! la Polynésie française même chose, bon et pourtant il y a profitassions là , pourtant leurs SMICS est inférieur au notre pourtant il y un syndicat disons aussi dynamique que mon UGTG en Guadeloupe L’USTKE.

vous voyez donc le socialiste que je suis ne peut pas dire qu’il est contre le combat des inégalités des injustices ce que nous appelons du BEAUMOKREL de profitassions qui faut donc combattre cela qu’il faut d’une société de plus grande égalité et de plus grande justice, qu’il y a des méthodes et des moyens pour le faire et lorsque ces méthodes et ces moyens sont contraires au minimum j’allais dire démocratique il faut le dire avoir le courage de le dire et de proposer autre chose même si vous êtes mal vu sur le moment ce qui a été mon cas.

Patrice LOUIS : Actuellement M. Lurel s’achèvent les EGOM on les a presque oubliés comment ça s’est passé en Guadeloupe ?

Victorin Lurel : Moi je trouve bien au-delà de la polémique du début qui est d’ailleurs entretenu par d’aucun, on savait bien que la chose aurait été difficile, contesté, mais qu’il fallait tenir !

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