Accueil Politique Evolution institutionnelle - JANVIER 2010 SERA T–IL LE MOIS D’UN PALAVIRÉ ?

- JANVIER 2010 SERA T–IL LE MOIS D’UN PALAVIRÉ ?

On se souvient qu’un élu du MIM parlant au nom de son parti (il ne parlait évidemment pas au nom ni la gauche, ni de la droite démocratiques) disait que les élus qui votaient les résolutions du congrès, le faisaient en étant à portée de calotte.

Certainement à portée de calotte des militants du RDMIM. En effet ces hommes mobilisables à loisir sont toujours présents dans l’hémicycle des assemblées dès qu’il y à des plénières. Ceci, pour faire appliquer au besoin peut-être une vision de la « démocratie » qui est propre au RDMIM, mais qui est aussi très partagé, reconnaissons le, par tous les dictateurs du monde.

 

Cet élu ne se trompait que sur un point. Calotte, il semble bien qu’il y en aura une le 10 janvier 2010. Tout semble l’annoncer. Les sondages, l’opinion presque générale qui rejette le 74. Mais surtout l’énervement croissant des tenants de cet article. Cet énervement provoque des dérapages en série qui contribuent de plus en plus à montrer leur vrai visage.

Aussi, ce n’est pas eux, au contraire de ce qu’ils s’imaginaient en juin 2009 qui donneront la calotte, NON, c’est au contraire eux qui la recevront. Sans vouloir se prévaloir de lauriers que nous n’avons pas encore gagné, il faut encore quelques jours pour être fixé, le 10 janvier sera donc certainement le jour d’une bonne calotte. SYMBOLIQUE celle là, non violente, démocratique, celle des urnes assénée à des apprentis dictateurs. Le refus précisément de la Martinique de s’engager dans un monde fait de calottes ou de balatas. Le jour du vote d’un NON massif et franc.

Mais les 74zistes ne sont pas prêts à s’avouer vaincus pour autant. Nous aurons disent-ils l’occasion d’un rattrapage le 24 janvier. Ce que nous n’auront pas eu le 10, nous pourrons l’avoir avec un oui le 24. Si nous ne pouvons entrer par la porte fermée, pourquoi ne pas le faire par cette fenêtre qui va s’ouvrir ? Et en effet cette suppression du département et de la région qui pourrait être actée le 24, cette collectivité unique érigée par une loi organique, qui remplacerait nos deux assemblées, pourraient être pour eux l’occasion d’imposer des règles à leur convenance. La proportionnelle intégrale, la mainmise sur bon nombre d’organismes stratégiques, la remise en question du droit commun.

Car et cela n’est pas le moins important. Un oui le 24 serait pour le RDMIM une option prise sur les régionales de mars 2010. Cette mouvance pourrait se targuer d’avoir obtenu une demie-victoire. Elle pourrait garder un prestige un peu entamé, certes, mais portant beau tout de même. Ses chefs pourraient dire à la population martiniquaise : Vous nous avez quand même suivis. Eh bien, nous ferons donc ce que vous voulez. Alors votez pour nous. Et bonjour la démagogie, l’hypocrisie politique, le formatage d’une collectivité unique en fonction d’un objectif séparatiste. En un mot nous ne serions pas sortis de l’auberge. Bref, nous leur aurions nous même tendu la perche pour éviter une complète défaite.

Aussi la question se pose. Ne faut-il pas leur donner une deuxième calotte le 24 ? Ne faut-il pas appliquer la tradition martiniquaise du PALAVIRÉ ? Un PALA le 10 bien sur, mais immédiatement suivi du VIRÉ le 24 ?

Cela voudrait dire, nous dira t- on aussitôt, que nous resterions dans l’immobilisme ? Que nous sommes pour l’immobilisme ? Allons donc, le vrai immobilisme, le pur de dur, ce serait de rester avec des séparatistes détenteurs du pouvoir local. La Réunion, la Guadeloupe sont-elles dans l’immobilisme ? Martiniquais, cessons enfin de nous croire supérieurs toujours et toujours à nos amis guadeloupéens, réunionnais, mahorais et marchons ensemble et du même pas.

Pour tous, les priorités sont : le chômage, la vie chère, l’amélioration de nos conditions et de notre cadre de vie, la volonté de développer notre économie par des solutions pragmatiques et non la volonté obsessionnelle de remplacer nos institutions. Pour exemple, la Polynésie avec sa collectivité unique, mais sa désunion politique est en bien plus mauvais état sur tous les plans, que la Réunion avec ses deux assemblées, mais avec une union politique pour le développement de l’île entre un VERGES communiste et une DINTAR femme de droite.

Le vrai problème ne se trouve pas dans nos institutions, qui peuvent certes être améliorées, mais dans l’idéologie poursuivie par les hommes qui les tiennent en otage. Ce problème se trouve dans l’hypothèque séparatiste-indépendantiste posée par ceux qui se croient encore à l’époque de la conférence des nationalistes de tous les pays de Bandung en 1955. A l’époque des Soekarno, Chou-en-lai et autres Nasser et Tito.

Pour revenir sur notre planète Terre, aux réelles questions que soulève le millefeuille administratif, questions qui n’ont rien d’identitaire, il y a la réponse de la réforme Balladur. Homme de gauche, je ne crois pas du tout à une vertu innée de cette réforme, d’ailleurs Pierre Mauroy et bien d’autres avaient assorti ce rapport de leurs observations critiques. Mais qu’importe, il y a là les possibilités véritables d’un débat et d’une avancée démocratiques.

Il ne s’agit donc pas de vouloir à tout prix nous singulariser, de vouloir nous persuader encore une fois que nous sommes seuls au monde et que nous n’avons aucun intérêt commun avec quiconque. Il s’agit au contraire de participer, avec nos parlementaires, nos assemblées renouvelées, nos partis, nos associations nos opinions de citoyens à un grand débat national (ce qui n’a rien de déshonorant).

Nous le ferions en cherchant le consensus entre martiniquais et ensemble avec nos amis guadeloupéens, réunionnais et bien d’autres, dont les guyanais et calmement, tranquillement nous profiterions de ce temps de réforme pour faire valoir nos intérêts dans le cadre commun de la République. Cela est, je le pense sincèrement la voie de la Raison.

Les révolutions ne sont belles que les 8 premiers jours. Refusons donc l’euphorie passagère d’un faux changement, faux parce que hâtif et mal préparé et attelons-nous à une évolution voulue, raisonnée et responsable.

Pour cela donnons un PALA le 10 et assénons le VIRÉ le 24. Soit un NON le 10 suivi d’un NON le 24. Œuvrons donc pour que le mois de janvier 2010 reste dans l’histoire de la Martinique comme :

Le mois du PALAVIRÉ

Un palaviré, démocratique, pacifique, avec ces bulletins de vote qu’il y a quelque temps un des chefs aujourd’hui du 74 voulait déchirer, mais aussi le palaviré le plus grand, le plus fort, le plus retentissant, qui soit donné une fois pour toute au front uni des indépendantistes de ce pays.

Pierre Jean PATRON

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3 Commentaires

  1. philou

    14 janvier, 2010 à 20:40

    Etienne, moi je lis NON 55 % et OUI 45 % ?

    Répondre

  2. Etienne

    14 janvier, 2010 à 0:27

    Oui 54
    Non 46

    Le sondage du 10 avait été juste

    Plus que 5 % de personnes à convaincre et on gagnera

    Répondre

  3. Etienne

    14 janvier, 2010 à 0:20

    Pierre Jean,

    J’ai à plusieurs reprises proposées un slogan rappelant un moment joyeux le match France Brésil
    Et un (Non le 10) et Deux (Non le 24) et Trois (Nouvelle équipe en Mars 2010) le Zéro étant pour tous ceux qui voulaient entrainer le peuple dans le gouffre

    Mais je retire mon slogan et j’adopte le tien il est génial
    Dommage que ton article manifestement écrit avant le 10 ne soit posté qu’aujourd’hui

    Après le PALA du 10 donnons le VIRE du 24

    Et puis nous fonderons le collectif du PALAVIRE pour poursuivre

    Bravo à toi

    Répondre

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