Accueil Politique Evolution institutionnelle - Rassembler : cherchons l’erreur!

- Rassembler : cherchons l’erreur!

franoiseroserosette.jpgAlors même que « Rassembler la Martinique » a efficacement contribué à porter haut le Non puis le Oui, lors des dernières consultations référendaires, alors que des personnes d’origines politiques différentes ce sont trouvées bien d’œuvrer ensemble pour la Martinique, tout au long de ces campagnes électorales, survient, de façon abrupte, la désignation d’André Lesueur comme tête d’une liste aux élections régionales, André pour lequel quoiqu’il en soit, je conserve mon amitié.

Il faut voir dans cette désignation, l’influence directe de « Paris » . Nous aboutissons de ce fait au paradoxe suivant : sous l’égide de son échelon national, un parti politique très peu représenté localement, l’UMP, prend, au moment des élections régionales, le pas sur « Rassembler la Martinique » . Un parti politique national reprend la main sur un ensemble de mouvements locaux tel Forces Martiniquaises de Progrès, mouvements de longue date clairement implantés à la Martinique.

 

Cherchons l’erreur! L’erreur est en partie liée à l’application persistante des vieux codes nous reliant encore à la « métropole » . Ne sommes-nous pas en effet trop souvent subjugués, dans tous les sens du terme, par les désirs nationaux ? Se ranger à la volonté du pouvoir central est une règle du jeu de toute éternité. Mais ici, l’application de cette règle est rendue plus trouble par le soubassement historique de colonisation. Il est grand temps aujourd’hui de casser les vieux codes. Les casser pour transformer enfin les anciens rapports, en relations de considération et de respect réciproque.

L’erreur réside aussi dans le décalage entre le paysage politique martiniquais tel qu’organisé à ce jour, et notre réalité. Particulièrement au sein de ce qu’il est convenu d’appeler la droite martiniquaise.

Quelle ligne de démarcation ?

Car en vérité, la notion de droite et de gauche est-elle aussi prégnante ici qu’en France hexagonale ? Ne sommes nous pas en effet majoritairement, dans le contexte historique qui est le nôtre, pour une justice sociale la plus aboutie possible et par voie de conséquence, en recherche d’un système économique permettant cette justice ? Les principales lignes de démarcation entre groupes politiques à la Martinique, me semblent donc situées ailleurs que dans un classique clivage droite / gauche.

Une grande ligne de démarcation concerne notre propre regard sur notre passé.

Nous considérons-nous comme un peuple de colonisés, à tout jamais victimes des blancs mauvais ? Et en conséquence peuple voué à prôner irrémédiablement, une distanciation statutaire de plus en plus forte entre la Martinique et la France ? Ou bien nous regardons-nous comme des mélanges inextricables de sangs et de cultures, mélanges s’inscrivant autant dans le futur du monde que dans notre terrible passé ? Une autre et importante ligne de démarcation entre partis politiques, se rapporte à notre conception des liens statutaires avec la France. En a-t-on fini pour longtemps, avec la remise en cause permanente de notre statut, ainsi d’ailleurs que souhaité par la population le 10 janvier ?

Enfin avons-nous la volonté de prendre sincèrement, à pleines mains, la dimension « durable » et écologique de notre développement, plaçant ainsi de fait la Martinique dans une perspective planétaire ?

Bon nombre de Martiniquais se reconnaîtront j’en suis convaincue, dans ceux qui, prenant du recul par rapport à des considérations immédiates de pouvoir, prônent une stabilité statutaire, une justice sociale la plus forte possible, un libéralisme économique encadré et des rapports revisités avec la France hexagonale, rapports exprimant notre « Martinicité » à part entière, tout en nous ouvrant résolument sur le monde.

« Rassembler la Martinique » mouvement mis en place pour les consultations des 10 et 24 janvier, a commencé à mettre ensemble des personnes partageant cette vision. Comment décliner plus avant ce rassemblement ? Les prochaines élections régionales permettront je l’espère, d’avancer sur cette voie.

Françoise Rose-Rosette, conseillère régionale

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12 Commentaires

  1. Abmas

    8 février, 2010 à 11:47

    CHERS AMIS internautes ; ne cherchez pas a comprendre nous sommes sortis du rationel ….nous sommes dans l’ emotionel dans l ego hypertrophie qui n est pas l’ apanage des hommes ………..FRR n a tout simplement pas apprécié d etre a une place indigne de son rang sur la liste de AL… INCONSCIENCE QUAND TU NOUS TIENS!!!!

    Répondre

  2. Kinou

    6 février, 2010 à 21:10

    @Bel
    Il y a des styles qui collent à la peau de certains individus. Bel, vous savez bien que ce n’était pas AL que visait FRR,mais vous.Vous avez en commun ce besoin d’autonomie dans une enveloppe estampillée »droite ».Vos électeurs ne vous suivront pas.

    Répondre

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