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- Collectivité unique: déclaration de Didier LAGUERRE

didierlaguerre.jpgA MM les Présidents des Conseils Régional et Général,

J’ai l’honneur de vous transmettre le compte-rendu des travaux de la commission mixte des élus du Conseil régional et du Conseil général, mise en place le 1er juin 2010. Pour mémoire, je vous rappelle qu’elle était composée de sept conseillers régionaux avec comme chef de file, moi-même ; et de sept conseillers généraux dirigés par Monsieur Eugène Larcher. Dans le cadre de ces travaux, cette commission a pu bénéficier, à titre d’experts, du concours de messieurs Emmanuel Jos, Justin Daniel, Christian Vitalien.

Le texte que nous vous remettons est un compte rendu fidèle des différentes positions qui se sont maintenues autour des dix axes de travail et de réflexion que nous avions retenus.

Le groupe « Ensemble pour une Martinique nouvelle » que je dirigeais, a abordé cette réflexion dans un esprit de concertation la plus large possible. Nous n’avons pas ménagé nos efforts afin de parvenir à une « union sacrée » qui nous paraissait indispensable sur une question où l’avenir de la Martinique, et celui de nos enfants, sont manifestement engagés pour les décennies qui viennent.


De notre côté, rien n’a donc été négligé pour qu’une voix martiniquaise se fasse unanime sur l’essentiel, et porte, dans un esprit d’élévation et de responsabilité, les propositions qui seront faites aux instances françaises en vue des dispositions juridiques ultimes.

La question n’est pas celle d’une évolution statutaire en soi, elle est celle d’une accession à un processus de responsabilisation.

Il s’avère que, dans notre cas, pour passer d’un système d’assistanat-dépendance à un processus de responsabilisation, il faut une redéfinition des structures institutionnelles qui ne peut se trouver dans la simple addition ou fusion de deux institutions « conseil général et conseil régional ».

Ces deux institutions ont montré leur incapacité à atteindre cet objectif, et c’est d’ailleurs un des enseignements du vote du 24 janvier dernier.

Je crois que c’est la tâche de notre génération que de sortir de la mise sous tutelle qui relève de la gestion assistée ou de l’indifférenciation malsaine avec la France. Derrière l’exigence de la responsabilisation, il y a une conviction fondamentale : l’existence d’un peuple et d’une nation martiniquaise. Il s’agit d’actionner le seul ingrédient qui n’a jamais été de mise dans tous les plans de développement que l’on nous a assénés depuis 1946. Cet ingrédient c’est la responsabilisation. La prise en main de notre destin dans le monde, cela est fondamental.

La responsabilisation ne peut plus se poser en termes de rupture ou de séparation d’avec la France. Elle se pose en termes de différenciation et d’interdépendance. Il s’agit donc pour nous de construire de manière autonome et créatrice des liens de partenariat véritable avec la France, avec la Caraïbe, avec l’Europe, avec le monde.

Une Martinique en processus de responsabilisation peut décider, si elle le désire, de confirmer son adhésion au pacte républicain français, comme elle peut choisir d’adhérer en plus à une organisation latino-américaine, ou caribéenne.

Notre accession à la différenciation et à la responsabilisation ne se pose plus qu’en termes de rupture et d’opposition à la France, voire de repli sur soi, comme le cultive nos opposants.

Hélas, si quelques points de convergence ont pu être dégagés sur des aspects mineurs, nous en sommes restés à une mosaïque de positions différentes, voire divergentes, dans lesquelles les clivages politiciens et les positions idéologiques, et sans doute revanchardes, ont pris le dessus sur ce qui devait constituer une vision haute de l’intérêt de notre pays.

Je persiste à penser que l’auto-définition de cette nouvelle collectivité, « suis generis, à statut particulier », reste une occasion historique majeure pour notre Martinique. Dans le respect de la décision du peuple martiniquais d’être régi par l’article 73 de la Constitution, je crois qu’il nous est possible d’ouvrir les fenêtres, d’appeler l’oxygène, et d’avancer sur la voie d’une responsabilisation optimale, par l’extension des moyens constitutionnels qui sont mis à notre disposition.

Le peuple martiniquais a signifié une fin de non-recevoir à l’aventure et à la fragilisation de ses acquis, mais il n’a en rien renoncé à disposer d’une meilleure emprise sur les outils politiques qui vont forger sa destinée.

L’éthique politique en la matière exige, non pas l’addition mécanique de deux outils imparfaits, mais une dynamique d’innovation, d’audace, d’auto-organisation visant à nous doter, dans le cadre de notre appartenance à la République, d’outils institutionnels modernes, conformes aux mutations du monde et aux grandes ambitions que nous nourrissons tous pour notre pays.

Je regrette infiniment que le calcul politicien et l’esprit de revanche aient pris le pas sur la dignité et la raison. Je prends acte de l’échec de cette commission, et recommande que nous poursuivions, par tous les moyens possibles, la recherche de cette « union sacrée », de cette voix forte et commune, qui fera en sorte que les propositions qui seront signifiées aux autorités françaises soient l’expression de la plus grande majorité possible d’élus martiniquais.

Des élus investis d’un esprit de liberté et non de soumission idéologique, et conscients de la nécessité d’une inébranlable et juste autonomie de conception.

Didier LAGUERRE

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2 Commentaires

  1. Obéro

    19 septembre, 2010 à 9:46

    Comment prétendre sans cynisme, après consultation, la fleur à la baïonnette et la bouche en coeur, pouvoir parler d’une seule voix lorsqu’on a tout fait avant pour exacerber les oppositions et aggraver les divisions. Le gagnant de l’affaire est celui qui a encouragé la manoeuvre et même aidé en sous main, le Gouvernement SARKOSY. Il tranchera en lieu et place de nos élus. Et chacun avec ses partisans, assumant ses choix stratégiques, devra boire jusqu’à la lie.

    Répondre

  2. Madeleine

    17 septembre, 2010 à 7:08

    Président LISE a enfin trouvé quelque chose pour sortir de sa réserve il y croit toujours
    Sa secrétaire doit rembourser plus de 100 000.00 € à la collectivité, nous aurions souhaité avoir plus de renseignements sur cela car il s’agit de nos impôts, les médias ont été assez brefs
    à bientot de vous entendre che président

    Répondre

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