Accueil Politique - La morale en politique

- La morale en politique

jcwilliams.jpg

LA PAROLE DU MAP

Le RDM, par la voix de son Bureau exécutif et de son Secrétaire Général, qui s’exprime aussi en sa qualité de Président du Conseil Général et de Sénateur, sort de son silence. Il cherche à investir de nouveau l’espace public après le triple désaveu que les Martiniquaises et les Martiniquais lui ont signifié. Il se pose désormais en vigilant gardien de la volonté populaire. Voilà qui est méritoire. A ceci près que l’argumentation est un singulier mélange de contre-vérités, d’approximations juridiques et de démagogie.

Voyons.

D’emblée, le RDM affirme que les électeurs se sont prononcés pour la mise en œuvre en 2012 de la collectivité unique. Invention ! La consultation du 24 janvier n’a jamais porté sur ce point. C’est la position de Claude LISE et de ses amis. Rien de plus. La fusion des personnels, en particulier, sera une opération délicate. Elle nécessite une préparation sérieuse. Trop préssé pas ka fê jou ouvè.

Une affirmation erronée pour commencer l’argumentation ! Mais il y a mieux ou plutôt pire.

Le Secrétaire Général du RDM convaincu d’avoir trouvé un bon mot dit à tous vents que la nouvelle collectivité serait un Objet Institutionnel Non Identifié (O.I.N.I.). A chacun son humour.

La nouvelle collectivité sera une collectivité sui generis. Il en est tiré la conclusion que n’entrant dans aucune catégorie connue, elle n’aurait pas d’existence juridique. Le droit commun. Rien que le droit commun. Position d’une fraction de la Droite, celle que l’on pourrait qualifier d’archaïque, dont Claude LISE se réclame benoitement. Il ne sait pas identifier une collectivité sui generis mais le Conseil Constitutionnel, lui, sait. La formule latine dont la consonance plait manifestement au Président du Conseil Général signifie qu’il s’agit d’un modèle unique. Est-elle pour autant contraire à la Constitution ? Non. Trois fois Non. Dans sa décision 82-138 DC, la Haute Juridiction indique que « la Constitution n’exclut nullement la création de collectivités territoriales qui ne comprendraient qu’une unité». Pour la bonne raison que la Constitution reconnait l’expression institutionnelle des particularismes. L’objet est, donc, n’en déplaise au Sénateur, parfaitement identifié.

A partir de ces prémisses, le RDM et ses alliés abordent le point central de leur prétendue démonstration. Se présentant en exégètes de la volonté populaire, ils prétendent que les compétences de la nouvelle collectivité se limitent à l’addition des compétences de l’actuel Conseil Général et de l’actuel Conseil Régional. L’unification institutionnelle implique nécessairement la rénovation de la gouvernance territoriale. Il s’agit d’une conséquence naturelle de la mise en œuvre des principes de la décentralisation. D’autant que les compétences demandées s’inscrivent évidemment dans le cadre de l’article 73 de la Constitution et que le Président de la République a, d’office, octroyé une compétence dans le domaine des relations internationales.

Le MAP y reviendra longuement et, comme d’habitude, il expliquera clairement la justesse de sa position. Pour l’ heure, il veut souligner que la position démagogique qui consiste à soutenir qu’il ne faut pas aller plus loin que ce qui aurait été exprimé par la volonté populaire pose un réel problème de morale politique.

La situation est simple. Le vote des Martiniquaises et des Martiniquais, le 24 janvier 2010, permet une avancée limitée mais indiscutable dans le processus de responsabilisation. Le Président de la République ne s’y oppose pas. Il l’a fait savoir avant même les consultations dans son discours du 26 juin 2009 : « On pourrait imaginer dans un premier temps, la création d’une collectivité unique de l’article 73, assortie d’un pouvoir normatif renforcé. ». La Ministre des Outre- mer a, de son coté, fait savoir qu’il n’y a pas d’obstacle à ce que la durée des habilitations soit étendue. Ces possibilités correspondent à l’intérêt supérieur de la Martinique et, par conséquent, même si elles se situent en deçà des positions des partisans de l’article 74, elles constituent un progrès.

Les partisans d’un changement plus affirmé refusent l’évolution et, affichant un esprit démocratique qu’on ne leur connaissait pas, veulent s’en tenir strictement à une prétendue volonté populaire dont ils sont dans l’absolue incapacité d’indiquer le contenu.

La vérité est affligeante. Ils veulent se venger des refus successifs qu’ils ont essuyés. Et entendent condamner le peuple à rester, de fait, dans le statu quo institutionnel, la collectivité sans compétences nouvelles étant incapable de s’inscrire dans la logique de l’indispensable Projet de société. Convaincus qu’ils sont les seuls à savoir ce qui est bon pour le peuple martiniquais, ils ont décidé de le punir de son choix. « Vous n’avez pas voulu nous écouter, alors vous n’avancerez pas ». Posture arrogante et immorale d’une prétendue avant-garde politique.

A l’évidence, un débat serein ferait apparaitre que les divergences sont secondaires et augmenterait le capital confiance de nos compatriotes envers la classe politique dans son ensemble. C’est le sens de la décision de réunir le congrès des élus départementaux et régionaux. Nos ultra-démocrates n’en veulent pas et se réfugient pour s’opposer à sa tenue derrière une lecture simpliste de la mission du congrès.  Celui-ci n’a aucun pouvoir de décision et les motions qu’il adopte doivent nécessairement, pour être prises en compte, avoir été votées par chacune des Assemblées délibérant séparément. Mais aucune disposition n’interdit que cet outil novateur soit utilisé pour informer tous les élus départementaux et régionaux des conclussions de la commission ad hoc et, par cette voie, en informer le peuple. C’est là une authentique démarche démocratique qui permettrait si les considérations subalternes ne l’emportent pas de faire émerger une volonté martiniquaise. Le Président de la République ne doit pas choisir pour nous. Parlons ensemble et décidons nous-mêmes de ce que nous voulons car « les Martiniquais sont les meilleurs experts des affaires martiniquaises ».

Le 10 octobre 2010.

Charger d'autres écrits dans Politique

10 Commentaires

  1. Il est vrai

    14 octobre, 2010 à 4:37

    @Solo

    Manger à tous les râteliers, cela peut aussi être une forme de politique, pourquoi pas ? Un peu de tout dans la marmite à condition que ce soit bon pour la santé de tous, et pas seulement de certains et voilà qui fait une très bonne tambouille. En vérité, j’aime ce peuple martiniquais dont je fais partie, il ne faut pas l’empoisonner avec un super plat aux jolies couleurs mais qui fait peur, ne sachant pas les ingrédients qui rentrent dans sa composition, ni s’il ne contiendrait pas de l’arsenic.

    Répondre

  2. Réaliste

    13 octobre, 2010 à 15:17

    A zen,

    En ce moment les indépendantistes ont déclaré le président Sarkozy le meilleur spécialiste des affaires Martiniquaises. Ils n’ont jamais rien compris et ils ne sont pas prêt de comprendre la volonté des Martiniquais.

    Et leur incohérence voir insignifiance politique continue puisqu’il veulent soit-disant protéger le peuple mais AMJ targue sur internet en ce moment qu’il faut continuer l’éducation du peuple à l’indépendance.

    ET certains doucineurs ont trouvé le moyen d’emboiter le pas !

    Répondre

  3. Réaliste

    13 octobre, 2010 à 15:11

    Sauf que, mon cher joseph, la politique peut avoir raison sur le droit à certains moments. Il faut que tu sois conscient de celà.

    Répondre

  4. zen

    13 octobre, 2010 à 0:22

    A domus,

    Vous avez oublié les super spécialistes politiques qui nous font en ce moment la démonstration grandeur nature de leur savoir-faire.

    Répondre

  5. domus

    12 octobre, 2010 à 22:27

    « Les Martiniquais sont les meilleurs experts des affaires martiniquaises ». C’est l’une des plus grosses absurdités entendues ces dernières années. Mais elle a été dite par un centenaire. On peut appliquer cette phrase, vide de sens, à tous les pays du monde. Experts ès Martinique, soit, mais experts en quoi ? On a vu les experts martiniquais à l’oeuvre en diverses circonstances : Air Martinique, la Semair, la gestion de l’eau, la fac, les appontements, la gestion des communes, les transports, la circulation, etc… C’est vrai, nous avons des experts en littérature.

    Répondre

  6. Solo

    12 octobre, 2010 à 20:10

    Ok, pa de pro.

    Répondre

  7. joseph Virassamy

    12 octobre, 2010 à 20:08

    SOLO

    Je ne suis jamais allé dans l’EST de la FRANCE.Je dois avoir un Homonyme.
    JV

    Répondre

  8. joseph Virassamy

    12 octobre, 2010 à 20:03

    excusez ce clic précipité!!

    Je disais que je trouve décevant ce papier du Professeur WILLIAM. Celui-là même qui m’avait répondu: « épargne-moi tes conneries » alors que je lui faisais tenir un papier sur quelques considérations constitutionnelles.

    Vous connaissez la suite de ces « conneries » et ce qu’en a pensé le Conseil d’Etat, au point de réunir deux sous sections pour en discuter.

    Je n’ai rien trouvé de juridique dans ce que dit William pour enfoncer LISE, il nage dans un flou nébuleux pour expliquer on ne sait quoi.

    On a l’impression que les gens qui sont autour de LETCHIMY, essaient de rattraper la première grosse faute politique de ce dernier: avoir voulu convoquer tout seul un congrès…comme si l’âme damnée de ce vote truqué du 24 janvier planait toujours, plombait encore et toujours tout ce et ceux qui voudraient en faire quelque chose.

    Tant qu’ils ne comprendront pas qu’on ne peut rien faire avec le résultat d’un scrutin truqué, tout ce qui se fera avec cette consultation malhonnête, où l’on a volontairement attiré le peuple martiniquais dans un guet-appens, en lui faisant croire qu’il votait pour l’ASSEMBLEE UNIQUE au moment même où on lui fourguait une Collectivité unique , puis sui-généris, alors le grigri, le soucougnan, de cette consultation viendra empoisonner l’atmosphère des discussions institutionnelles, quelles qu’elles soient.

    Il reste simplement un dernier pas à faire pour Claude LISE: avoir le courage de se démarquer de la consultation du 24 janvier, plutôt que de s’en servir, comme il continue de le faire, d’une façon de plus en plus intenable. Il gagnerait en cohérence….et serait plus crédible en demandant qu’on reconsulte le peuple, dans des conditions, cette fois, démocratiquement respectables.

    JV

    JV

    Répondre

  9. Solo

    12 octobre, 2010 à 19:56

    Est-ce que c’est aussi décevant que ta demande de ré-intégration après ta mise en indisponibilité pour une aventure malheureuse dans l’est de la France ?

    Franchement Joseph ce n’est pas parce qu’un papier ne va pas dans ton sens que c’est décevant. Je remarque quand même que tu fais un appel de pied à Lise et Marie-Jeanne ceux que tu combattais ardemment de hard. Elle est où la déception?

    Vous ête dans une incohérence politique qui fatigue le peuple chers messieurs.

    Répondre

  10. joseph Virassamy

    12 octobre, 2010 à 19:35

    Franchement décevant ce pa

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Consulter aussi

J’ai lu pour vous, si vous ne l’avez encore fait.

A vous d’en juger, de vous faire votre propre opinion, en tout cas de réfléchir et d’analy…