Accueil Environnement L’eau en Martinique: La mise au point de Justin Pamphile Maire du Lorrain

L’eau en Martinique: La mise au point de Justin Pamphile Maire du Lorrain

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« je me rappelle très bien de ce dossier-là parce qu’effectivement quand il y a eu la casse en 2009 il a fallu en urgence trouver une solution pour permettre de réalimenter la zone sud de l’île en posant des canalisations de 200 ml et de 300 ml, en lieu et place du 800 ml qui s’est complètement affaissé. On peut avoir du mal à comprendre que 11 ans se soient écoulé et que les choses soient en l’état. Pourtant beaucoup de choses se sont passées.

En tant que Maire du Lorrain, j’ai moi-même participé et j’ai été acteur de l’organisation de négociations avec M. Bally de manière à ce que nous puissions sortir d’une situation que je trouvais anormale qui semblait perdurer alors qu’il y avait des solutions techniques.
Il y en avait plusieurs et parmi celles-ci reprendre la canalisation sur le terrain de Mr Bally. C’était une négociation complexe lui car le prix du mètre carré qui était proposé et fixé à l’époque, pas correspondait pas a ce qui pouvait payé pour un terrain agricole.
Un certain nombre d’arguments étaient posés en disant que sur ce terrain agricole il y avait de la banane qui était exploitée et il y avait également de la canne qui servait à la production de rhum dit AOC. Il y avait une série de discussions complexes et très difficiles. Malgré toutes les discussions et négociations qui se sont tenues, il fallait rapprocher les deux parties, à savoir le Conseil Général et M. Bally pour pouvoir trouver une porte de sortie.
Il y avait également une autre discussion qui consistait à faire une servitude sur l’assiette foncière qui permettrait de reposer la canalisation. C’est cette portion de terrain qui devait être acquise. Il s’agissait globalement de moins de 300 mètres linéaires de terrain. Il y avait une réelle volonté de tous pour chercher une porte de sortie qui malheureusement après 10 ans n’a toujours pas été trouvée.
Il y avait une proposition qui était un peu plus complexe qui consistait à lancer une procédure d’expropriation et si elle avait été mise en œuvre, aujourd’hui, 10 ans après cette expropriation serait certainement arrivée à son terme.
Il y avait aussi encore une autre proposition, qui selon moi était plus administrative. Il s’agissait de lancer une DUP, (Déclaration D’Utilité Publique) et qui aurait permis d’identifier la zone concernée, reconnaître le caractère d’utilité publique de la distribution de l’eau sur ce territoire et sortir rapidement de cette impasse.

Vous parliez d’un accord qui avait été presque trouvé à l’horizon 2015, 5 ans plus tard cet accord n’a pas été exécuté, qu’est-ce qui manque concrètement ?
Parce qu’entre-temps en 2015, la CTM a repris la totalité du dossier. Je rappelle que l’usine d’eau potable appartient à la CTM aujourd’hui. La canalisation qui ramène l’eau est de la compétence de la CTM et si des travaux doivent être entrepris ils relèvent de la CTM.
Je sais qu’il y a des démarches en cours par la CTM et j’ai toujours demandé à la Collectivité d’associer la ville du Lorrain à ce genre de réflexion.

Je crois qu’on ne peut pas à la lumière des perspectives que je connais, que j’ai vu circuler ici ou là, envisager de ne plus faire passer la canalisation sur le terrain Bally, qui représente environ 300 mètres de long, et projeter de passer cette canalisation sur la RD 22 et sur la RN1. La ville du Lorrain n’est pas associée à cette réflexion.

La RN1 est déjà largement surchargée par divers réseaux enfouis. L’un des premiers et plus fondamental étant le réseau de la fibre optique qui vient d’être récemment installé.
Le second réseau est celui du raccordement des éoliennes de Macouba sur le Marigot, juste après la rivière du Lorrain. Et il y a d’autres réseaux enterrés sous la RN1

Ramener cette canalisation du terrain Bailly et l’enfouir sous la RN1, c’est 2KM de voies avec les problèmes de défoncement de la voie, l’enfouissement du tuyau de 800 millimètres avec tous les risques que cela comporte. Sans vouloir faire du catastrophisme, si ça « pète » sur la RN vous imaginez les difficultés et les risques pour chacun. Je me rappelle quand j’ai vu le geyser que c’était quand cela avait cédé à Séguineau c’est quelque chose qui potentiellement représente un énorme risque.

A mon avis, aujourd’hui, il faut aller vers des solutions qui protègent à la fois les usagers, les biens publics, le domaine public, l’utilité publique et faire en sorte que la procédure d’utilité publique ou d’expropriation permette tout de même d’indemniser le propriétaire du terrain. Ça peut être long quand on est sur une expropriation, mais au moins dix ans après on serait déjà sorti de cette impasse.

Pour ce que je sais de mes différentes recherches, les tuyaux qui ont été posés ont eu à céder à maintes reprises en dépit travaux de réparation rapides avec des fuites et des risques que cela s’effondre à nouveau.
En Novembre 2018, il y a eu un débat à la CTM non pas sur la réparation du réseau mais sur la question de l’eau de manière générale. Je sais également que la CTM a lancé une mission de coordination en matière de sécurité et de protection de la santé pour les travaux de déviation du réseau d’eau potable notamment à Séguineau mais au moment où je vous parle, je ne sais pas à quel stade ils en sont pour l’attribution ou pas de cette mission.
Je veux quand même dire pour être complet que, résoudre le problème de la canalisation de l’eau à Seguineau sur la Rivière du Lorrain via l’usine de Vivé ne réglera pas totalement les problèmes d’acheminement d’eau sur le sud.
Je précise que bien avant la rupture de la canalisation, il y avait à certains moments déjà des coupures d’eau organisées bien avant 2009. Le problème de l’eau déjà plus ou moins évoqués par d’autres, tient aussi aux fuites d’eau, et aux réseaux vétustes.

Pour conclure, au Lorrain il y a effectivement l’usine d’eau potable de Vivé mais il y a également l’usine de production d’eau potable du coté de la rivière du Lorrain qui est beaucoup plus en amont du terrain Bally et qui pourrait au regard de la qualité de cette eau et de sa capacité de production, avec un peu d’amélioration, participer à la résolution de l’alimentation en eau potable de toute la Martinique. »

Justin Pamphile Maire du Lorrain

Retranscription de l’interview donnée à RCI le mercredi 15 avril 2015
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